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Par Legrand P.
Je viens de comprendre pourquoi je continue à crier dans la rue. Il m'a fallu du temps mais ça valait la peine. cela peut se résumer en trois points :
1) J'ai commencé et je continue à crier dans les rues par plaisir et par nécessité. Pour moi, le poète est certes dans les livres d'autres poètes et dans l'écriture de ses ouvrages, mais aussi dans la rue, dans l'échange. Je dois apprendre autant sinon plus au contact d'autrui que dans l'étude de mon art. Quitter la rue serait donc perdre une moitié de la Poésie.
2) Je rencontre chaque mardi des personnes qui m'encouragent et me disent que la vie change dès lors qu'une personne chante, dit des poèmes, fait rire et sourire les gens. Quelquefois, de mes annonces humoristiques naît une discussion. C'était sur les actionnaires aujourd'hui, sur les chanteurs de charme la semaine dernière...peu importe ! L'occasion est trop belle.
3) Je suis persuadé qu'avoir un crieur public est pour la ville de La Ciotat un atout, non seulement d'un point de vue social en centre-ville, mais d'un point de vue touristique. Peu de villes ont en France un crieur et faire venir des gens pour voir à quoi ressemble l'étonnant personnage me semble relativement facile, du moment que la volonté politique est là.
Je persiste et signe donc, avec le regret de ne pas avoir de collègues donnant un peu de leur temps dans ce joyeux babil hebdomadaire. Amis musiciens, jongleurs, poètes, chanteurs, prenez la rue ! Elle est à tous, elle est à vous.
Et je termine par ce petit poème mi-plaisantin, mi-sérieux, que j'adresse à ceux qui se demandent pourquoi je parle fort :
Pourquoi parlé-je dans la rue
Quand je pourrais rester chez moi
A scruter l'écran inconnu
Près d'un pétillant feu de bois ?
Parce que j'aime le dehors
Le dehors où vivent les gens
A qui je peux parler dans crainte
Dans la distance d'une étreinte
Chez moi, je m'ennuierai à croire
Aux bêtises de la télé
Aux désirs que l'oisiveté
Réveille loin des promenoirs
Quand je suis dehors, je suis pur
Je parle avec désinvolture
Et pourtant avec la justesse
D'une bonne âme prophétesse
Voilà pourquoi, gens débonnaires
De petite et haute vertu
Nous partageons même lumière
Lorsque nous parlons dans la rue !
Frédéric GANGA 27 janvier 2014 21H53
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