Ce vendredi 20 novembre à 18H30 au grand Portique, venez découvrir l'observatoire du Pic de Bure (CNRS).
Voici quelques photos et informations pour vous donner envie.
Six antennes à l’écoute du cosmos
L’interféromètre du plateau de Bure, l’un des deux observatoires de l’IRAM, est un instrument =e pointe.
Construit à 2550 mètres d’altitude sur un plateau étendu et situé dans les Hautes-Alpes françaises, l’interféromètre est composé de 6 antennes de 15 mètres de
diamètre, chacune d’elles étant équipée de récepteurs de haute sensibilité. Deux longs rails, placés sur des axes nord-sud et est-ouest permettent de changer la disposition des antennes sur une
distance maximale de 760 mètres.
Pendant les observations, les 6 antennes opèrent en réseau, une technique appelée interférométrie. Les antennes sont pointées vers une source céleste afin de combiner les différents signaux
reçus. La résolution obtenue est celle d’un télescope dont le diamètre correspond à l’écart maximum entre les différentes antennes. Dans le cas de l’interféromètre de l’IRAM, cela équivaut, pour
les plus grandes lignes de base, à un télescope de 760 mètres de diamètre.
La résolution spatiale de l’interféromètre de l’IRAM est si détaillée qu’il serait en mesure de distinguer deux pièces d’un centime à une distance de 5000 mètres.
Etant donné la complexité de l’interférométrie, les observations au Plateau de Bure sont menées par les opérateurs de l’IRAM.
Pour acquérir une image complète d’un objet spatial, l’interférométrie utilise le mouvement de rotation de la Terre qui fait tourner lentement les antennes,
permettant ainsi de balayer cet objet dans le ciel pas à pas. Après quelques heures d’observation, les astronomes sont en mesure de restituer l’image d’une source cosmique avec une haute résolution
angulaire et d’analyser en détail sa morphologie.
Les deux instruments de l’IRAM se complètent ainsi réciproquement, permettant aux astronomes d’observer des objets célestes étendus ainsi que leur structure détaillée.
Les deux observatoires de l’IRAM peuvent aussi être coordonnés avec d’autres radiotélescopes, formant ainsi un interféromètre géant avec des lignes de base intercontinentales (Very Large Baseline
Interferometry). Ce mode d’observation est particulièrement adapté à l’exploration des phénomènes cosmiques ultra-lumineux, comme l’environnement immédiat de trous noirs (quasars) ou les enveloppes
de matière éjectées par des étoiles en fin de vie. Sa résolution spatiale est telle, que l’on pourrait détecter une balle de golf sur... la Lune ! Cette technologie est également utilisée pour
mesurer le mouvement des plaques tectoniques et pour superviser les satellites.
Pour la construction de l’interféromètre, des milliers de tonnes de matériaux ainsi que des machines ont été montées jusqu’au Plateau de Bure. En particulier, le système de rails a été aménagé de
manière à ce que les positions horizontales et verticales des antennes soient connues au millimètre près.
Depuis sa construction, terminée en 1990, l’interféromètre du Plateau de Bure est en évolution permanente. Composé de trois antennes au début, le nombre d’antennes a doublé en dix ans et les lignes
de base pratiquement triplées durant les différentes phases d’extension. Récemment, les nouveaux récepteurs ont encore augmenté l’efficacité de l’interféromètre. Grâce à ces développements, l’IRAM
a marqué une ère nouvelle dans la recherche en radioastronomie.
(C) IRAM 2008.