Infos des animations proposées par l'association éponyme sur l'ouverture au monde.
La salle de Grand Portique était pleine, vendredi soir, pour écouter Françoise Favede-Mouroux qui sait tant de choses si
intéressantes sur la Corée du Sud.
Ce n’est pas un pur hasard si ce pays lointain est familier à Françoise et Pierre : tous deux s’y rendent en effet chaque
année, pour rendre visite à leur fils ainé qui s’y est expatrié en 2001, y a fondé une entreprise, puis une famille …
Parce qu’ils sont aussi d’infatigables globe-trotters, toujours avides de découvrir le monde et nos frères humains, Françoise
et Pierre ont donc pu, au fil des années, acquérir une substantielle connaissance du pays, et plus particulièrement de Seoul et sa région, ce qui leur permet
aujourd’hui de nous livrer une partie de leurs découvertes, de leurs étonnements, de leur compréhension de cette région des antipodes.
Tout d’abord, à voir les photos de Seoul, il faut bien constater qu’apparemment, il ne reste pas grand-chose de la tradition, à part quelques portes de l’ancienne ville, symboles de la riche histoire de la Corée …
Les immeubles et les tours ont poussé comme des champignons, à la place des vieux quartiers, et la ville s’est étendue sur des
dizaines de kilomètres, au point d’être aujourd’hui une mégapole de 25 millions d’habitants(dont 12 « intra muros ») : 25 millions, c’est la moitié de la
population de l’ensemble du pays !
Nous avons aussi pu percevoir à quel point les Coréens ont rapidement changé de mode de vie : une société agricole parmi les
plus pauvres du monde, ravagée par une guerre extrêmement destructrice, est devenue, en moins de 60 ans (deux générations), la 15ème puissance économique
mondiale et, dans un secteur qu’ont bien connu les ciotadens, le 2ème constructeur naval au monde (après le Japon).
Dans cette transformation, l’influence des Etats Unis est déterminante : les coréens sont très avides de produits de
consommation, le christianisme s’est développé très rapidement (plus de 50% de la population, avec une forte majorité d’évangélistes), le système libéral est
poussé à l’extrême : pas de sécurité d’emploi, ni de logement (on peut être expulsé dans la semaine !), tout est payant : l’école, les soins, les cotisations
pour la retraite, tandis que la croissance de l’économie reste forte, et le chômage très faible(moins de 4%).
Mais, à entendre les commentaires de Françoise et Pierre, apparait alors ce qui n’est pas visible au premier regard : le
confucianisme, fortement ancré dans le passé millénaire du pays, véhicule les valeurs de coopération dans toutes les circonstances de la vie (par exemple :
pour une hospitalisation, toute la famille se cotiser, à charge de revanche …), le respect du travail bien fait, des anciens, et un paternalisme très
prégnant, y compris sur le plan politique : l’émergence d’une timide démocratie est récente, après une longue période
de dictatures militaires, jusqu’à la fin de la « guerre froide ».
Il fut encore question de la place des femmes dans la société, de la nourriture et des pratiques de table, de l’intense
travail scolaire imposé aux enfants, de la guerre de Corée (à la fois guerre civile qui a déchiré de nombreuses familles, et guerre entre les « blocs »), du
« no man’s land » au 38ème parallèle, le long duquel un million de militaires sont l’arme au pied, de l’atténuation des liens dans les familles depuis
si longtemps séparées par la ligne d’armistice, ainsi que par des modes de vie et de penser divergents, de la misère en
Corée du Nord, tampon entre la Chine et les Etats Unis …
Et il y avait encore tant de choses à dire, à comprendre, tant de questions, d’interrogations …