Infos des animations proposées par l'association éponyme sur l'ouverture au monde.
Ce mardi matin, record battu ! Trois heures entre le 33 de la rue des Poilus et la boulangerie Tomas.
D'accord, il y a eu beaucoup d'annonces, entre la reprise des contes à la bibliothèques le mercredi, la soirée sur les sciences et pseudo-sciences au CIQ Saint-Jean, le débat sur la dissuasion nucléaire à la maison des associations, l'humour sous le kiosque du jardin d ela ville avec "plus belle ta vie", la grande soirée culturelle en faveur du peuple Jumma à la salle saint-Marceaux et au même endroit dimanche le tournoi d'échecs ouvert à tous.
Ajoutons à cela un poème de Paul verlaine :
Les choses qui chantent dans la tête
Alors que la mémoire est absente,
Ecoutez, c'est notre sang qui chante...
O musique lointaine et discrète !
Ecoutez ! c'est notre sang qui pleure
Alors que notre âme s'est enfuie,
D'une voix jusqu'alors inouïe
Et qui va se taire tout à l'heure.
Frère du sang de la vigne rose,
Frère du vin de la veine noire,
O vin, ô sang, c'est l'apothéose !
Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire
Et chassez l'âme, et jusqu'aux ténèbres
Magnétisez nos pauvres vertèbres,
Et une chanson magnifique de Gilbert Bécaud, "c'est en septembre" :
Les oliviers baissent les bras
Les raisins rougissent du nez
Et le sable est devenu froid
Au blanc soleil
Maitres baigneurs et saisonniers
Retournent à leurs vrais métiers
Et les santons seront sculptés
Avant Noël
C'est en septembre
Quand les voiliers sont dévoilés
Et que la plage tremble sous l'ombre
D'un automne débronzé
C'est en septembre
Que l'on peut vivre pour de vrai...
Pour les annonces, toujours une recherche de micro-ondes, une dame cherchant un T2 ou T3, et une offre d'emploi d'accompagnateur d'un jeune autiste.
33 rue des Poilus, pas de mestre Rémi, qui doit terminer ses vacances doucement. Les quelques passants écoutent d'une oreille distraite, mais apprécient la chanson.
Place Sadi Carnot, c'est l'été indien. Une foule comme au mois d'Août. Avec le choeur du public, je chante. Pas facile à négocier, cette petite fioriture à la fin du couplet : "seront sculptés avant Noël !" Je salue les dames et les enfants amusés ou apeurés par "le lutin vert".
Carrefour de l'Horloge, c'est là que les habitués me parlent poésie et nostalgie, Gilbert Bécaud oblige. un monsieur veut que j'écrive le livre de sa vie. Dès que je lui parle de sérieux, de professionalisme et d'argent déclaré, il repousse la date du premier rendez-vous après Noël !
Square Bouissou, il y a encore un peu de monde grâce au nouveau café, qui comporte un espace fumeur. L'offre d'emploi intéresse deux dames.
Les gens semblent étonnamment sérieux quant à mes deux annonces humoristiques :
Suite à la volonté du ministre du travail de taxer les salariés puis les retraités extrêmement aisés, le gouvernement aurait prévu de taxer bientôt les actionnaires extrêmement fortunés.
Suite à un rapport de l’observatoire régional de la santé d’île de France montrant que les bénéfices de la pratique du vélo étaient 20 fois supérieurs aux risques, le gouvernement aurait décidé d’éclairer des bâtiments publics grâce aux pédalage des Français condamnés aux travaux d’intérêt général.
Dans la grande boucherie, merci Bécaud ! C'est l'état de grâce. 20 personnes écoutent attentivement.
Angle chapelle sainte Anne et place Esquiros, j'ai droit à plusieurs prises de photographie, mais toujours sans que l'on me demande la permission. On paie des abonnements, mais on ne parle plus aux êtres ? Heureusement que les discussions sur la recherche d'une femme gentille avec un spectateur me replongent dans la belle réalité.
A la bibliothèque, les palabres me font arriver vers midi. C'est devant un public maigre mais attentif que je me démène.
Angle rue Michel Simon et avenue Géry (devant SFR pour les intimes), j'ai à nouveau la foule et l'amour des gens pour Bécaud. A nouveau l'offre d'emploi intéresse une dame.
Angle avenue Géry et rue Pasteur, de grands rires des forains ponctuent mes interventions.
Je termine à la boulangerie Tomas ou nous reformons un choeur à trois et nous parlons longtemps de jeu de rôles et de troc et, un peu oui encore, de nostalgie.