Infos des animations proposées par l'association éponyme sur l'ouverture au monde.
Aujourd'hui, après ma première incursion du vendredi, je constate bien des différences. Il y a une ambiance de ruche le mardi matin, et de relachement de fin de semaine le vendredi.
Je suis très fier de ma chanson qui date de 1589, belle qui tient ma vie
Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m'as l'ame ravie
D'un souris gracieux,
Viens tot me secourir
Ou me faudra mourir.
2. Pourquoi fuis tu, mignarde,
Si je suis pres de toi
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moi,
Car tes perfections
Changent mes actions.
3. Tes beautes et ta grace
Et tes divins propos
Ont echauffe la glace
Qui me gelait les os,
Et ont rempli mon coeur
D'une amoureuse ardeur.
Bien sûr, un tambour et un instrument à cordes seraeint les bienvenus, mais c'est cela, la magie du crieur public, faire rêver avec "une chanson de notre jeunesse humaine, en 1589, quand nous étions adolescents, vous souvenez-vous, madame ?"
Voyez la version de Pavane : link
Peu d'annonces en ce moment, j'ai préparé ma publicité pour l'office du tourisme. J'opte pour des annonces humoristiques :
Donneur de bonbons cherche preneur de leçons
Séducteur incendiaire cherche femmes ordinaires, voire féministes outrancières pour repentir sincère.
Femme fatale cherche homme rare et sincère pour voir, pas toucher.
C'est cette dernière qui fera mouche. Pour la seconde, certaines femmes répliqueront : "Mais il n'y a pas de femmes ordinaires !"
Ma grande annonce concerne Saga La Ciotat, que l'organisateur marseillais m'a vanté comme la plus grande manifestation française sur l'Afrique.
Chez Patati et Patata, stupeur ! Notre hôtesse est malade, remplacé par Nicolas. Nous ne sommes que quatre, mais on apprécie la chanson et le poème de Bernard Binlin Dadié sur "les poètes".
Après le thé et les petits gâteaux de Papati et Patata, me voici devant la boutique Aventuris. C'est le moment. Il faut chanter assez haut, c'est plaisant pour moi et surprenant pour le public. J'ai toujours quelques personnes qui me font des signes de connivence ou s'arrêtent.
Le boulanger est sorti tout sourire de sa boutique. On s'habitue au crieur, me semble t-il.
Place Sadi Carnot, une quinzaine de personnes sont là, dont une demoiselle qui dit en riant à ses copines "Oyez, oyez !" Je la prends au mot "Pour faire plaisir à la demoiselle, oyez, oyez, braves gens..."Pour Saga La Ciotat, personne ne semble au courant ; tout le monde est galvanisé par le parrainage de Yannock Noah, surtout les femmes !
Carrefour de l'horloge, le bon endroit pour voir venir le public. Selon la timidité, on m'entend de près ou de loin. Trois personnes au snack ont l'air de se régaler et me salueront chaleureusement.
Square Bouissou, la dame de Dam dam se met sur le seuil de sa boutique pour m'écouter et m'applaudir. ca sent les vacances, il ya plus de monde qui s'arrête. je vends quelques feuilles de chou.
A la boucherie du Maréchal Joffre, la chanson fait son effet. Jusqu'aux annonces humoristiques, je bénéficie d'une attention parfaite, avant qu'une commande bruyante ne me fasse terminer dans le brouhaha.
Heureux tropiques Café ! Trois personnes détendues m'observent, me posent des questions sur Saga La Ciotat et le vide-grenier de l'esplanade Langlois. Le monsieur rit de bon coeur à mes annonces humoristiques. Les personnes viennent de repérer la boîte aux lettres du crieur. De bon augure ?
A la boulangerie Lévèque, j'ai juste le temps de dire le poème et de placer l'annonce sur Saga La Ciotat. Une dame me remercie en sortant.
Je termine à la boulangerie Tomas qui vient de subir une panne de secteur. Une mamie qui a eu l'air pressé se détend finalement et se réjouit de savoir qu'il y a un crieur dans la ville. Elle aussi promet de nourrir la boîte aux lettres.
Je me souviens qu'il a fallu cinq ans avant que le Festival de Poésie soit connu des Ciotadens. Combien de temps pour le crieur ? Moitié moins ?