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LES ECHOS DU CRIEUR XVII

Annie a fait les plans du nouveau costume et je lui ai amené des chausses à moyennâger.

 

Un forain me réclame les paroles des chansons du prisonnier de la tour (voir les échos du crieur XVI); je retourne à la maison pour les lui donner. Il me propose de l'argent. Je lui rétorque que c'est gratuit !

 

Aujourd'hui, je commence en retard suite aux encombrements pedestres du marché qui bat son plein. Chez Patati et patata, je chante :

Comment vouloir qu'une personne chante

Quand elle n'a pas son coeur en liberté

laissez chanter ceux que l'amour contente

Et laissez-moi dans mon malheur pleurer...

 

vieille chanson anonyme de 1555 !

Je me perds un peu dans le rythme. J'ai un doute. Arriverai-je à la chanter correctement dehors ?

Le poème d'Auguste Angellier (1841-1911) est plus facile à dire :

 

Les caresses des yeux sont les plus adorables ;

Elles apportent l'âme aux limites de l'être,

Et livrent des secrets autrement inneffables,

Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître...

 

Cela me permettra une devinette tout au long de la matinée en guise de préambule à la lecture de ce poème, LES CARESSES DES YEUX:  quelles sont les caresses les plus adorables ?

Voici les réponses :

des nuits

de lune

des femmes

des hommes

des chats

des enfants

des mamans

du ventre (est-ce à manger ? est-ce un massage ventral ?)

 

Pas d'annonces exceptionnelles, à part la soirée aux restos du coeur, la réunion publique sur l'amiante et la fête des voisins et le fameux vide-grenier de l'Abeille.

 

Je  repars avec "les confidences de Pagnol" à lire avant de crier cet été à Aubagne...

 

Devant Aventuris, 33 rue des Poilus, quelques personnes tendent l'oreille et se demandent si l'annonce humoristique est vraisemblable :

Suite à l'éruption du volcan islandais, société hispanique propose d'utiliser une partie des chômeurs espagnols de moins de vingt-cinq ans (40% de chômage dans cette tranche d'âge !) à collecter les cendres dès leur sortie du volcan avec des filets à papillons en titane. Miracle ! La chanson passe par moi ! Je garde le rythme grâce à Michel qui se sert du livre de Pagnol comme instrument à percussion !

 

Place Sadi Carnot, je retrouve les aquarellistes et les ciotadens en terrasse. Je m'amuse à poser les questions sur la fête des voisins le vendredi et celle des mères le dimanche. Tout le monde n'est pas au courant !

 

Carrefour de l'horloge, j'entre en contact avec des clients du café du même nom.

 

Square Bouissou, un monsieur vient me demander la date et l'heure de la réunion sur l'amiante.

 

Aux Tropiques café, une dame m'écoute attentivement. Puis je sors m'installer dos à l'angle de l'église et de la place Esquiros pour ce qui est ma nouvelle station de travail. C'est un bon endroit ; il ya du mond eet j'ai le soutien des forains.

 

Je termine en roue libre à la boulangerie Lévêque et à la boulangerie Tomas. A ce dernier endroit, nous passons vingt minutes à rire  avec un client qui demande au boulanger, à la boulangère et à votre serviteur si quelqu'un sait avec quelle femme DSK allait dans des clubs échangistes. La réponse fuse : "nous n'en savons rien et nous, nous ne mangeons pas de ce pain-là !" Je repars avec mon offrande fromentine, bénissez les boulangères Mon Dieu !

 

 

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M
<br /> j'aurais bien aimé entendre ta version de "comment vouloir qu'une personne chante". je suis partie réécouter celle de Yacoub. Merci! replongée dans mes 15 ans...oui, j'étais un peu "décalée" au<br /> collège...<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Chère Manon,<br /> <br /> <br /> je me suis inspiré de celle de Yacoub qui figure dans une anthologie de la chanson française en 99 CD que je possède (une folie des années 90 !).<br /> <br /> <br /> Continuons à vivre décalés, il y a de la place pour tout le monde et, comme l'écrit le poète Michel Capmal, "les interstices sont innombrables".<br /> <br /> <br /> Frédéric.<br /> <br /> <br /> <br />