Infos des animations proposées par l'association éponyme sur l'ouverture au monde.
Je constate en rédigeant ma feuille de chou que j'en suis au 40ème numéro. Il y a bien des revues qui ne sont jamais arrivées jusque là.
Cette semaine sent Noël avec ses parades, ses goûters pour les enfants, ses pères Noël un peu partout, ses chants en italien ses veillées calendales...avec des massages bien-être, des comédiennes chanteuses et l'apéro-concert de Moussu T !
Difficile de crier place Sadi carnot à cause de la ferme de Noël et square Bouissou à cause des sapins...
Je constaterai ce matin qu'il y a un nouveau jeu chez les habitués : deviner quelle actualité le crieur a utilisé pour ses annonces humoristiques. Beaucoup de gens avaient deviné pour Dominique de Villepin, mais aucun pour les troubles mentaux causés par le travail moderne :
Suite à l’annonce de la candidature de Dominique de Villepin à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa aurait lancé une enquête sur les origines nobles de ce prétendant au trône de France .
Suite au rapport de l’OCDE établissant qu’un travailleur sur 5 en Europe souffre de troubles mentaux et que la précarisation croissante des emplois et l’augmentation de la pression au travail pourrait encore augmenter ce chiffre, le ministre du travail aurait décidé de limiter la semaine de travail à quatre jours…de 12 heures.
Chez mestre Rémi, les habitués de la boulangerie m'attendent. je ne chante pas car Frank Mouradian est mort, lui qui me parlait du rôle du poète si souvent au bar de la Renaissance. Je te dédie ce poème, Franck :
Tu me parlais souvent du poète crotteux
Qui dit : je suis le vent
Tu savais l'amour grand
Et que les gens de tout sont bien les gens de peu
Chez toi, c'était le coeur qui partait en avant
Et tu penchais vers ceux
Qui ne renoncent pas et gardent dans les yeux
La forge des géants
En avons-nous forgé de belles entreprises
Franck, en quelques paroles !
Pour le peuple insoumis, pour la belle promise
Au-delà des oboles !
Tu me parlais souvent du poète crotteux
Qu'on ne peut arrêter
Et qui va simple vent avec tous ses aïeux
Dans l'éternel été.
Pas de chanson de Noël, mais ce magnifique poème de René Char :
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de
loin pour qu'il ne tombe pas?
Carrefour de l'horloge, après une tentative avortée place Sadi carnot où je parle avec Bruno le percussionniste, je rencontre des gens encore étonnés de me voir.
A la boucherie de la rue Joffre, la mort de Franck fait cesser le vacarme. Il faiasiat partie d'une famille arménienne bien connue. Tout le monde l'a connu ou a connu un(e) de ses proches.
A l'angle de la chapelle Sainte Anne et de la rue Joffre, j'ai toujours la même attention. ici, c'est René Char qui s'impose.
Avenue Géry, en plein marché, j'ai droit à des sourires entendus sur les massages bien-être thaïlandais et californiens avec des techniques tibétaines. On me demande toujours pour qui je travaille.
Je termine avec mes deux boulangeries fétiches. Le sapin de Noël de la place Evariste Gras n'est plus allumé la nuit et ressemble à un troll, me dit-on, et les poubelles rue pasteur et Parmentier sont éventrées.
Boulangerie Tomas, face au collège Jean Jaurès, les 48 heures font rigoler la patronne et le patron. "Nous, on n'arrête pas de travailler !".
Qu'il est doux d'être un poète et d'avoir choisi l'otium contre le negotium !
Mardi prochain, dernier cri avant mes vacances !