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LES ECHOS DU CRIEUR LXV

L'été brûle les gens

Au dehors au dedans

Et l'on ne sait plus quand

Ni d'où viennent les gens...

 

Aujourd'hui est un jour chaud à souhait où le costume "d'été" de crieur public  pourrait passer pour une fourrure de trappeur. J'aimerais travailler à sept heures du matin, mais je recevrais plus de liqueur de pot de chambre que d'applaudissements.

 

Des applaudissements, je vais en avoir tout au long de mon périple.

 

Les nouvelles sont bonnes, avec ces magnifiques fêtes votives, de la messe solennelle en provençal au feu d'artifice en passant par le feu d'artifice, la course de garçons de café, la pegoulado et lei targo...

 

Chez mestre Rémi et dans la rue des Poilus, les soldes battent leur plein. Je chante, en souvenir de Ray Ventura et son orchestre, le refrain de la chanson "à la mi-Août" :

 

À la mi-Août
C'est tell'ment plus romantique
À la mi-Août
On fera les quat' cents coups
À la mi-Août
Tous les cœurs sont en piqu' nique
À la mi-Août
Les fill's n'ont pas peur du loup

 

J'ai une annonce pour une maison à 1350 euros près de la piscine (et avec) qui suscitera bien des commentaires. c'est bien parce que je connais la personne !

 

Côté annonces humoristiques, allons-y franchement !

 

Suite au niveau record de recettes des contraventions obtenues grâce aux radars routiers ; le gouvernement français aurait prévu d’indexer les contraventions sur le revenu afin de favoriser encore plus la redistribution et donc la justice sociale.

 

Pour lutter contre le taux élevé de suicide chez les plus de 85 ans (deux fois plus élevé que les 25-44 ans), la ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l'autonomie Michèle Delaunay aurait proposé des croisières massives vers Mars en aller simple, sur la base du volontariat.

 

Autant la première remarque partagera l'auditoire, autant la deuxième provoquera le sourire général.

 

Et, bien sûr, un poème sur Marie, obligatoire à la mi-Août :

 

Alfred de MUSSET  

(1810-1857)

Marie

Ainsi, quand la fleur printanière
Dans les bois va s'épanouir,
Au premier souffle du zéphyr
Elle sourit avec mystère ;

Et sa tige fraîche et légère,
Sentant son calice s'ouvrir,
Jusque dans le sein de la terre
Frémit de joie et de désir.

Ainsi, quand ma douce Marie
Entr'ouvre sa lèvre chérie,
Et lève, en chantant, ses yeux bleus,

Dans l'harmonie et la lumière
Son âme semble tout entière
Monter en tremblant vers les cieux.

 

 

  

Place Sadi Carnot, les Aoûtiens sont surpris et ravis. Les feuilles de chou partent comme des petits pains.

 

Carrefour de l'horloge, j'ai plusieurs demandes sur le feu d'artifice (jeudi 16 Août à 22H sur le port vieux)

 

Je me risque square Bouissou et échange un sourire navré avec la patronne du nouveau café sur l'absence de clienst sur sa terrasse. Et Michel Simon doit maintenant se retourner une nouvelle fois dans sa tombe (une fois parce que son espace a été transformé en café, une autre fois parce que la terrasse est toujours vide) et je m'interroge sur les études de marché préalables de certains commerçants. Je réussis quand même à arrêter quelques personnes et discute avec un ciotaden venu prendre le frais sur le banc de pierre du square. Il a l'impression que de moins en moins d emonde vient au centre-ville.

 

"Esquichen arregues ! " me dit un ciotaden qui n'a rien perdu de son arménité. A bon entendeur, salut !

 

Dans la boucherie de la rue du Maréchal Joffre, on me réclame le poème. Comme le disait Bourvil : vous aimez Mussez ! Alors vous avez le bonjour d'Alfred !"

Le brouhaha est, cette fois, stoppé apr la puissance du lyrisme.

 

Angle rue du maréchal Joffre et place Esquiros, je retrouve la grand eaffluence et les parents qui montrent à leur bambin le lutin vert que je suis à leurs yeux.

 

La bibliothèque est fermée exceptionnellement. je file avenue Géry et c'est le triomphe angle rue Michel Simon, suivi d'une discussion avec plusieurs personnes sur le crieur public, l'écrivain Fred cargas qui a beaucoup fait sur ce thème avec son fameurx roman "pars vite et reviens tard" et les nouvelles de La Ciotat.

 

Je continue avenue Géry à l'angle de la rue Pasteur où la discussion avec les forains est joyeuse et porte sur les absents qui prennent peut-être des vacances. Et pour les poètes, les vacances, c'est toute l'année ? Non, c'est un travail qui a l'air (mais l'air seulement) de vacances !

 

Et je termine à la boulangerie Tomas boulevard Bertolucci avec une discussion sur la quarantaine, trop ou pas assez de travail, la recherche de vraies valeur dans nos modestes existences humaines...

 

 

 

 

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